Changez vos croyances sur l’argent pour mener la vie que vous voulez vraiment

A l’heure de tirer un véritable revenu de mon activité de thérapeute, je constate que j’ai encore bien de croyances limitantes par rapport à l’argent. Mon tarif est fixé et il est correct, mais j’ai l’habitude de prévoir une bonne marge de temps pour chaque client et je dépasse souvent le créneau prévu sans le facturer. Pourquoi ne puis-je pas vraiment respecter mon tarif horaire ?

Christian Junod est un ancien banquier qui s’est réorienté dans l’humain et est devenu accompagnant et formateur spécialisé dans le rapport à l’argent. Dans son livre Ce que l’argent dit de vous : interrogez votre relation à l’argent pour une vie plus sereine, il nous guide dans la prise de conscience de notre rapport à l’argent et l’analyse des croyances qui nous empêchent d’interagir avec l’argent avec légèreté, tranquillité et confiance.

Junod C.(2019). Ce que l’argent dit de vous (2ème édition). Eyrolles

Me laissant guider par Christian Junod et ses exercices de réflexion, je décortique mes croyances et je suis ravie d’en découvrir plusieurs dont je n’avais pas encore pris conscience. Ce livre est un joli outil de développement personnel et je vous en offre un résumé détaillé.

Pour aller plus loin, je vous propose un accompagnement personnel dans l’identification de vos croyances limitantes, que ce soit à propos de l’argent ou d’autres croyances, ces principes auxquels nous obéissons inconsciemment et qui nous empêchent de mener la vie que l’on veut vraiment. Une fois qu’elles sont mises en lumière, vous pouvez vous en détacher avec des outils issus de la psychologie et de l’énergétique. Cela crée alors de la place pour vos propres valeurs et vous pouvez donner à votre vie une direction que vous choisissez consciemment.

Résumé de « Ce que l’argent dit de vous : interrogez votre relation à l’argent pour une vie plus sereine » de Christian Junod

Notre monnaie et notre système monétaire de type «yang» favorisent la cupidité et la peur du manque. Ces peurs induisent un comportement individualiste qui crée de la séparation entre les individus.

Bernard Lietaer

Chapitre 1 : l’argent est une invention bien pratique, prise pour ce qu’elle n’est pas

  • L’argent est un intermédiaire pour des transactions. Il rend les échanges beaucoup plus pratiques que le troc.
  • L’argent est un repère que nous avons en commun sur la valeur d’une chose ou d’un service. On traduit en francs la valeur des choses, plutôt qu’en heures de travail, kilos de farine ou autres.
  • Pourtant notre comportement face à l’argent est souvent irrationnel. On le rend responsable des problèmes, comme s’il pouvait pervertir les relations humaines, alors que ce sont les comportements humains qui ont des conséquences. On en fait une question de vie ou de mort alors qu’on ne meurt pas de manque d’argent, on peut mourir de manque de soin, de nourriture, de protection.
  • C’est un sujet tabou, on garde ses revenus secrets comme si notre salaire indiquait notre valeur en tant que personne. Que dire alors des salaires de Mère Teresa et de l’Abbé Pierre ? L’argent indique tout au plus notre capacité à valoriser nos compétences.
  • L’argent ne fait pas le bonheur, c’est un élément parmi d’autres pouvant contribuer au bonheur. Une année après un gros gain de loterie, les gagnants reviennent à leur état de bonheur initial.

L’argent fait le bonheur…si on le donne.

Matthieu Ricard

Pensez à un moment de votre vie où vous vous êtes senti-e particulièrement heureux-se.

Dans quelle mesure l’argent a été déterminant pour que ce moment existe ?


Chapitre 2 : les représentations sur l’argent

  • L’enfant prend conscience de l’argent de différentes manières, par exemple, quand il veut prendre quelque chose qui lui plait dans un magasin et que ses parents lui expliquent qu’il ne peut pas l’avoir car il faut de l’argent pour l’acheter. 
  • On explique aux enfants que leur papa et/ou leur maman s’absente pendant la journée pour travailler, pour gagner de l’argent. On associe souvent argent, travail et pénibilité. Au point qu’une personne qui a beaucoup de plaisir dans son travail peut avoir le sentiment de ne pas mériter d’argent en retour. 
  • Il existe une croyance collective disant qu’il est normal que les activités porteuses de beaucoup de valeurs humaines soient pas ou peu rémunérées (thérapie, social, religion, etc.).
  • On utilise couramment l’expression «gagner sa vie» pour gagner de l’argent. Perd-on sa vie quand on ne gagne pas d’argent ?

Quels mots associez-vous à l’argent ?

Quel film projetez-vous sur l’écran neutre qu’est l’argent ? Est-ce plutôt positif, négatif, un mélange des deux ?

Ce film aura des conséquences sur votre vie.


Chapitre 3 : 3 types d’attitudes face à l’argent et leurs inconvénients

Peter Koenig identifie 3 tendances face à l’argent qui découlent des croyances :

  • la tendance écureuil : l’écureuil amasse, quel que soit le montant. Il associe des mots positifs à l’argent, comme sécurité, bonheur, liberté. Il fait attention à dépenser moins qu’il ne gagne. L’argent est par exemple utilisé pour compenser une insécurité intérieure, en vain. Même des personnes millionnaires ont peur de manquer.
  • La tendance sabotage : le saboteur fait en sorte que l’argent ne vienne pas à lui, il le repousse. Il associe des mots négatifs à l’argent, comme conflit, injustice, saleté. Cette personne va par exemple manquer de rigueur dans sa facturation ou ne pas contrôler ses encaissements. Le saboteur aura probablement des dettes et aura de la difficulté à rendre son activité suffisamment rémunératrice.
  • La tendance montagne russe : ici la personne amasse de l’argent, puis s’en débarrasse de façon inconsidérée ou sans satisfaction. Elle amasse quand elle est dans sa projection positive de l’argent et dépense quand elle est dans sa projection négative.

Christian Junod ajoute d’autres interférences de la représentation de l’argent dans nos comportements :

  • all inclusive : l’envie d’en avoir pour son argent, au-delà de ses besoins et même en se faisant du mal (par exemple en mangeant trop). Cela peut découler de la peur de se faire avoir, de la peur de manquer plus tard. Un autre exemple est celui de finir les plats alors qu’on n’a plus faim, pour éviter de jeter.
  • Le don conditionnel : au moment de donner ou non de l’argent à une personne qui mendie, on peut porter un jugement sur ce que la personne fera de l’argent. Par exemple : ne pas donner à quelqu’un qui fume ou qui a un chien. On a besoin que l’argent soit dépensé selon nos propres critères et cela nous empêche peut-être d’avoir le comportement généreux que nous nous souhaitons.

Qu’est-ce qui est le plus important : la bonne utilisation de mon argent ou mon bien-être intérieur ?

Ai-je suffisamment d’amour pour moi pour donner la priorité à mon bien-être ?


Chapitre 4 : se réapproprier ses parts d’ombre

Nous projetons sur l’argent des pulsions désirs, pensées que nous ne pouvons pas reconnaître comme les nôtres. Nous rejetons une partie de nous, notre vision de nous n’est plus complète, claire. Par exemple : je projète la sécurité sur l’argent et ma sécurité intérieure est faible.

Des croyances limitantes nous empêchent d’intégrer des parts dont nous avons pourtant envie (sécurité, liberté, autonomie, créativité, etc). Nous n’avons pas intégré ces parts durant notre enfance et nous avons déduit qu’elles n’étaient pas pour nous.

D’autres parts d’ombre sont moins valorisantes et nous résistons à les reconnaître en nous : l’échec, le voleur, l’irresponsable, le violent, le tueur, etc.

Comme l’explique Jean Monbourquette, apprivoiser son ombre est nécessaire à l’épanouissement et ces parts d’ombre se retournent contre nous si nous ne les accueillons pas.

  • L’échec : se réapproprier l’échec, c’est s’autoriser à être en échec. Sans cela, on ne s’autorise pas à essayer ou on joue petit, sans risque. Celui qui accepte que l’échec fait partie de la vie ose plus et a plus de chance de succès. Il comprend aussi que l’échec est une vision, qu’on retire toujours quelque chose d’une expérience.
  • Le voleur : se réapproprier le voleur nous libère de la peur de passer pour tel et nous autorise à voler si les circonstances le nécessitent. Pensez à Robin des bois !
  • Le violent : à force ne pas être violent avec les autres, on peut être violent avec soi (se juger sévèrement, se critiquer) et ne pas savoir doser sa violence le jour où elle s’exprime. Se réapproprier sa part de violence permet de se défendre correctement quand la situation l’exige.
  • Le dictateur : pour pouvoir trancher, décider, imposer une décision au service d’un projet et non au service de son ego.
  • La salope : pour oser se mettre en avant, donner un prix à une prestation, prospecter. L’expression «se vendre» apporte de la confusion. On ne se vend pas corps et âme. On vend une prestation, un service.

Analyser ce qui nous horripile chez les autres est un bon moyen de mettre le doigt sur nos parts d’ombre.

Est-ce que j’agis de manière identique parfois ?

Est-ce que je voudrais être capable d’agir comme cela parfois ?


Chapitre 5 : histoire familiale et argent

Notre capacité à fixer un prix correct dépend de la valeur que nous nous donnons et celle-ci s’est construite dans notre enfance. L’attitude de nos parents face à l’argent et certains événements qui ont eu lieu dans la famille ont un impact sur notre relation à l’argent. Il est donc pertinent de revisiter son passé.

Ai-je un souvenir d’enfance marquant en rapport avec l’argent ?

Comment parlait-on d’argent en famille ? Quelles étaient les expressions ? Que disait-on des gens qui en avaient beaucoup ou pas du tout ?

Comment est-ce que je gérais mon argent de poche ?

Y a-t-il eu des événements marquants liés à l’argent dans ma généalogie ? Dans ma propre histoire ?

Suis-je bien payé pour mon travail ? Ai-je choisi un métier bien payé ?

En quoi tout ceci a-t-il créé des croyances et impacte-t-il vos comportements ?


Chapitre 6 : l’argent en famille

  • L’argent est un sujet sensible dans le couple. Les disputes sur les finances sont un signe avant-coureur de rupture, elles touchent profondément et il est plus difficile de s’en remettre (Sonya Britt, Kansas State University). Il est donc important de parler d’argent et de mettre en place un système qui satisfasse les deux partenaires.
  • Donner de l’argent de poche aux enfants leur permet de faire l’eurs expériences et aussi d’apprendre à gérer la frustration.
  • Lors d’un divorce conflictuel, la relation à l’argent transparait dans les négociations. Un partenaire qui se sent coupable peut vouloir racheter sa faute. Un partenaire fatigué du conflit peut vouloir acheter la paix. Tout cela aura des conséquences sur la qualité et la durabilité de l’accord convenu.
  • Un don ou un prêt est parfois conditionnel : celui qui donne ou prête à des attentes sur la manière dont l’argent sera utilisé. Les conditions de prêt peuvent être meilleures qu’ailleurs, mais n’y a-t-i pas un prix à payer ?
  • Au moment de régler la succession d’un parent décédé, l’argent peut être pris comme moyen de régler ses comptes affectifs.

Chapitre 7 : être en paix avec ses dettes

La dette, comme l’argent, est neutre. Certaines personnes ne supportent pas l’idée d’être redevables et se privent de ce moyen de réaliser leurs projets. 

En cas de dettes impayées, nous pouvons avoir honte de nos dettes. Pour sortir de la honte, Christian Junod encourage a prendre soin de la relation de confiance avec la personne qui a prêté l’argent en respectant l’accord et, si cela n’est pas possible, en l’informant de manière proactive et transparente sur ses difficultés et en convenant ensemble d’une date à laquelle faire le point.

Chapitre 8 : des clés pour une relation sereine à l’argent

Des solutions collectives

  • recréer des communautés vivantes : quand les membres d’une communauté se connaissent et entretiennent de bonnes relations, les personnes se sentent soutenues et n’ont pas besoin de stocker, économiser, en cas de difficultés. L’argent n’a pas besoin de compenser un manque de sécurité.
  • les monnaies locales 
  • le revenu de base

Des solutions individuelles

  • abandonner les loyautés familiales : s’autoriser à faire et penser autrement que ce qu’on a appris en famille
  • questionner ce qui est responsable ou non : s’autoriser à faire ce qui est bon pour soi même si cela peut être vu comme irresponsable. Par exemple changer de métier pour faire quelque chose qui nous passionne.
  • cesser de chercher la sécurité dans l’argent et développer son estime de soi : s’autoriser à être «insécure».
  • associer argent et amour : s’autoriser à aimer l’argent pour ce qu’il nous permet de faire. Cela ne signifie pas être cupide, avare ou valider le système économique actuel.
  • dépenser l’argent en prenant conscience de ce à quoi il contribue, pour soi et sa communauté (en particulier les impôts, assurances et autres factures «désagréables»).

On ne peut pas avoir une relation saine à l’argent sans l’aimer.

Peter Koenig

Conclusion

Christian Junod nous propose d’utiliser notre relation à l’argent comme une opportunité de créer de la paix intérieure et de réaliser que cette paix et cette sérénité existent déjà au plus profond de nous.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>